ENCYCLOPEDIE -DE--LA--LANGUE -FRANCAISE

ABBAYE
  Origines -Temps des Mérovingiens
   
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Eléments de biographie :
 
SAINT HILAIRE-


 

 Saint Hilaire

  Fête le 13 janvier

    Naissance 315, Poitiers, France

 Mort 367 - Idem

 Père et docteur de l'Eglise

 


De la vie d' Hilarion, on ne connaît que la toute dernière partie, la plus importante ceci dit, puisque ce sera le moment de la rédaction de ses œuvres majeures et de celui de sa lutte contre l'arianisme. On sait seulement qu'il fut fils d'un patricien poitevin, très probablement païen, qu'il parcourut l'Italie et la Grèce afin d'étudier les évangiles et que, finalement, il se fit baptiser et consacra sa vie à convertir.

Peu après sa nomination comme évêque de Poitiers en 350, Hilaire compose vers 353-355 son Commentaire sur l’Évangile de Matthieu , qui insiste sur les aspects typologiques (ratio typica ) du récit évangélique: les différents personnages sont les «types» du peuple juif, des nations païennes ou de l’Église, et révèlent ainsi les lois de l’avènement du royaume de Dieu.

En 356, il est exilé en Phrygie par l'empereur Constance. Depuis son avènement, certains évêques de la cour, comme Ursace et Valens, ainsi que certains évêques orientaux, avaient insufflé du mieux qu'ils pouvaient les thèses ariennes, combattues par une grande majorité des évêques occidentaux, à commencer par le pape Libère. Le concile de Nicée ( 325 ) avait déclaré hérétique la profession de foi arienne, qui nie la consubstantialité du Père avec le Fils au sein de la Trinité, et qui divisera fréquemment le monde chrétien durant plusieurs siècles, défendue par plusieurs empereurs et évêques, violemment combattue par d'autres : Basile, Athanase d'Alexandrie, Grégoire de Nysse, Grégoire de Naziance, Hilaire bien sûr. En l'occurrence, c'est en combattant Saturnin, l'évêque d'Arles qui professait des doctrines ariennes, qu'Hilaire fut exilé. Avant son départ, il réunit pour sa défense différents documents officiels contre la théologie arienne. Il fera cela à différentes occasions. A. Feder a rassemblé et remis en ordre ces documents retrouvés par fragments, sous le titre de Collectanea antiariana Parisina.

L'exil lui donnera surtout le temps connaître le christianisme grec et d'approfondir la théologie nicéenne. Grâce à lui, l'occident connaîtra mieux la pensée d'Origène, dont il traduira en partie les commentaires sur les Psaumes. Il tentera de concilier la théologie occidentale et orientale de la Trinité, réfutant aussi point par point la doctrine d'Arius : cela donnera en 12 livres son œuvre majeure, connu sous le nom De la Trinité ( De Trinitae), titre certainement impropre, en ce sens que l'auteur n'emploiera jamais le terme de trinité ( trinitas ).

En 358, des événements orientaux stopperont pour un moment la rédaction de l'œuvre précitée, après en avoir écrit les trois premiers livres, rédigés entre 357 et 358 : c'est la réaction anti-arienne menée par Basile, occasion qu'Hilaire saisira pour tenter d'unir l'Occident et l'Orient chrétien dans la foi nicéenne. Ce sera l'objet de De Synodis, faisant allusion au synode d'Ancyre.

La rédaction de de Trinitae reprit, sous l'influence des événements orientaux.

En 359 et 360, Hilaire vit tous ses espoirs anéantis par une éclatante revanche d’Ursace et de Valens : au Concile de Séleucie auquel il assista (sept.-déc. 359), puis à la réunion de Constantinople (janv. 360), les partisans de Basile furent condamnés et les représentants des épiscopats occidentaux et orientaux se rallièrent aux positions défendues par Ursace et Valens. C’est probablement pour réfuter le recueil composé par ces derniers à ce moment-là qu’Hilaire rédigea lui-même en 360 un Livre contre Ursace et Valens , qui contient, selon Jérôme, l’histoire des Conciles de Rimini et de Séleucie et dont les fragments se trouvent dans les Collectanea antiariana Parisina (cités plus haut).

De retour en Gaule, Hilaire retrouve son siège épiscopal grâce à l'empereur Julien, qui repoussa les troupes de Constance au-delà du Danube. L'évêque de Tours prend sous son aile Martin, à qui il proposa de fonder un monastère à Locaciacum ( Ligugé). Il fit tout son possible pour déposer tous les évêques pro-ariens comme Saturnin, mais certains échappèrent à sa lutte, comme Auxence de Milan, dépit qui l'entraîna pour un grand voyage italien et qui lui fit écrire son Contra Auxentium.
 
Hilaire meurt le 13 janvier 367.
 
Saint Hilaire de Poitiers aurait composé les plus anciennes hymnes, telle la Lucis largitor optime, écrite pour sa fille Abra, hymnes qui ont pénétré le christianisme au début du IVe siècle.
 
Dom Coustant a publié la meilleure édition de son œuvre ( Paris, 1696, in-fol.)
 
A notre connaissance, il n'existe qu'une représentation de Saint-Hilaire : celle du Parmesan ( Francesco Mazzola, dit Parmigianino, en fr le). Elle accompagne celle de saint Nicolas au sein d'une fresque réalisée par l'artiste entre 1522 et 1524 dans trois chapelles de l'église Saint-Jean de Parme. La représentation de saint Hilaire se trouve dans la chapelle dite Zangrandi : quiconque pourra trouver une petite image sur le sujet sera béni de l'encyclopédiste !

 
Sources :
 
- Encyclopédie Universalis